< Témoignages

Q1 : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Jean-Baptiste Quiclet, 33 ans, originaire du Jura.

Entraîneur de formation, j’ai réalisé mes études à l’université de Besançon (master STAPS). Depuis 2010, j’exerce en tant qu’entraîneur au sein d’une équipe cycliste professionnelle. Actuellement, je suis en charge du pôle performance de l’équipe AG2R la mondiale. Outre les missions de coaching, j’anime et coordonne un pool de techniciens / experts en lien avec la recherche de la performance pour nos athlètes.

Q2 : Qui entraînez-vous ou avez-vous entrainé et avec quels résultats internationaux ?

Depuis 2010, j’entraîne un groupe de 10 cyclistes professionnels s’illustrant sur les plus belles courses du monde comme le Tour de France, Liège Bastogne Liège ou Paris Roubaix.

Parmi les coureurs les plus confirmés : Romain Bardet (double podium au Tour de France), Silvan Dillier (2ième de Paris Roubaix 2018), Oliver Naesen (3ième GP E3).

Q3 : Avez-vous utilisé les bilans de l’analyse de variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) dans votre suivi d’entraînement ?

J’utilise les bilans VFC pour le suite d’entraînement de mes athlètes et plus, particulièrement Romain Bardet durant ces différentes préparations du Tour de France (durant les stages).

Q4 : Avez-vous utilisé les bilans sur les types de fatigue donnés par l’analyse VFC caractérisés dans les publications de Laurent Schmitt ?

L’analyse de la VFC et la classification par type de fatigue sont précieuses dans mon travail car cela me permet d’orienter le type d’entraînement jour après jour pour bénéficier des meilleurs rebonds suite aux différents stages de préparation. C’est une boussole dans la constitution des contenus d’entraînement.

Q5 : Qu’est-ce que ce suivi de VFC vous a apporté dans votre travail d’entraîneur ?

J’ai vu dans le suivi VFC un outil non-subjectif et quantifiable qui permet de détecter les types de fatigue et surtout, les biais environnementaux (stress, chaleur, hypoxie...) qui pourraient perturber la préparation d’une compétition majeure.

Q6 : Comment jugez-vous son efficacité ?

Même s’il faut s’assurer du bon respect des protocoles et qu’il faut croiser avec ses propres observations, je trouve l’outil efficace et prédictif face aux difficultés que nous rencontrons dans l’entraînement.

Q7 : Pensez-vous que cette approche serait utile dans le monde du travail et pour la santé publique ?

Complètement. Il y a une certaine transversalité entre le sport de haut-niveau et le monde du travail. Le suivi VFC permet de s’interroger sur l’activité de la pile neurovégétative. C’est idéal pour évaluer la vitalité des personnes et détecter des cas de stress / fatigue avancé menant au burnout. C’est aussi le moyen de faire un état des lieux de son mode de vie et de s’interroger comment l’améliorer ?